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    Affaire Renault, le feuilleton pollution

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    Affaire Renault, le feuilleton pollution

    Message par Trollmann59 le Ven 22 Jan 2016 - 16:34

    Bonjour,

    Pour ne pas encombrer le feuilleton VW, j'ouvre un post sur l'affaire Renault concernant les émissions de gaz

    Renault pollue trop, même sans logiciel de fraude
    Par LEXPRESS.fr , publié le 14/01/2016 à 17:20 , mis à jour à 21:48

    Renault dépasse les normes de CO2 et d'oxydes d'azote pour ses moteurs diesel. Mais aucun logiciel de fraude n'a été découvert, assure Ségolène Royal. Rien à voir avec Volkswagen, promet Emmanuel Macron.

    "Renault. La vie avec passion", dit le nouveau slogan du constructeur français. Mais cette passion ne se préoccupe guère de pollution, selon les premiers résultats de l'enquête menée par une commission indépendante après le scandale Volkswagen. "Renault dépasse les normes de CO2 et d'oxydes d'azote pour ses moteurs diesel", vient d'affirmer Ségolène Royal. La ministre de l'Ecologie a également mis en cause plusieurs marques étrangères, dont elle n'a pas souhaité donner les noms.

    L'Etat au secours de la réputation de Renault

    Par contre, il n'y a "pas de logiciel de fraude" chez Renault, comme celui qui a été découvert chez Volkswagen pour limiter les émissions lors des tests, assure Ségolène Royal. Une affirmation rendue possible après des perquisitions de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), au Centre technique Renault de Lardy et au Technocentre de Guyancourt. "Je fais confiance à Renault qui est un grand industriel français", a assuré la ministre. Ces perquisitions, révélées par la CGT du centre de Lardy, ont été par la suite confirmées par le groupe.

    Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron, en déplacement à Berlin, a également tenu à souligner que la situation de Renault n'était "en aucun cas" comparable à celle du numéro un mondial allemand. Il maintient "sa confiance dans le groupe Renault", et précise que ses services ont procédé "à plusieurs contrôles et perquisitions depuis le mois de septembre dernier afin de vérifier la fiabilité et la qualité des informations transmises au consommateur". Emmanuel Macron s'est récemment opposé au PDG de Renault-Nissan Carlos Ghosn au sujet du poids de l'Etat actionnaire dans l'entreprise, mais tient à préserver la réputation de la marque emblématique de l'industrie automobile française. L'Etat détient actuellement 19,7% des parts de l'entreprise, ce qui lui octroie des droits de vote doubles.

    Des émissions polluantes supérieures aux Peugeot

    Les tests en condition réelle sont réalisés par le laboratoire Utac-Ceram depuis octobre dernier sur 100 voitures, dont 25 véhicules Renault, ce qui reflète la part de marché du constructeur en France. Seuls 22 véhicules sur les 100 ont été testés jusqu'à présent, vient de préciser le ministère de l'Ecologie dans un communiqué. Parmi eux, des Renault, des Peugeot, des Citroën, des Volkswagen, des Mercedes, des Ford, des Opel, des Toyota et des BMW. Le logiciel de fraude a bien été retrouvé sur les Volkswagen. Quatre constructeurs supplémentaires seront testés: Nissan, Volvo, Suzuki et Fiat

    La commission technique indépendante chargée de superviser les tests est composée de chercheurs, d'associations de défense des consommateurs et de l'environnement et d'organismes gouvernementaux. Comme la DGCCRF. Selon des informations de France Inter qui cite une source proche du dossier, les émissions polluantes des moteurs diesel Renault sont "bien supérieures" à celles d'un constructeur comme Peugeot.

    Selon le député écologiste Denis Baupin, membre de la commission, les dépassements observés sont "au moins d'un facteur 3 à 5" par rapport aux normes, sans toutefois vouloir préciser où se situe Renault. Une association de défense de l'environnement allemande accusait en novembre dernier le Renault Espace de dépasser jusqu'à 25 fois le niveau autorisé d'oxydes d'azote à moteur chaud. Ces résultats avait été contestés par l'entreprise française

    Passage en commission la semaine prochaine

    Problème: le fait qu'aucun logiciel de fraude n'ait été trouvé par la DGCCRF ne signifie pas nécessairement que Renault ne triche pas sur les émissions polluantes de ses voitures. D'après un ingénieur automobile contacté par L'Express, il suffit de jouer sur les fonctionnalités du moteur pour obtenir différents types de performances. Tout dépend de la "carto pédale", la cartographie de l'action du pilote sur la pédale d'accélérateur. Le freinage et l'accélération notamment peuvent être paramétrés pour être beaucoup moins polluants lors des tests. Ou bien si une voiture ne procure une conduite satisfaisante qu'en "mode sport", il est probable que son conducteur en fasse son mode standard, avec la consommation et la pollution qui vont avec. Alors que la voiture a été homologuée en "mode éco".

    Renault doit se présenter dès la semaine prochaine devant la commission pour s'expliquer. A la Bourse de Paris, l'action a terminé sur une chute de 10,28% à 77,75 euros. La coordination CGT de l'entreprise a pour sa part vivement déploré "l'emballement médiatique" qui a suivi ces révélations. Elle dénonce avant tout "l'infaisabilité d'atteindre" les objectifs du plan d'investissements de 50 millions d'euros déjà annoncé en décembre par le groupe pour réduire l'écart entre les émissions polluantes de ses voitures en conditions d'homologation et en situation réelle. Renault, c'est 117 395 collaborateurs dans le monde, dont plus de 32 000 en France.
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    Re: Affaire Renault, le feuilleton pollution

    Message par Trollmann59 le Ven 22 Jan 2016 - 16:36

    Renault : vers un rappel des Captur ?

    Publié dans ECONOMIE / POLITIQUE > INDUSTRIE
    par André Lecondé Le 16 Janvier 2016 à 17h57

    Renault est entré dans l’œil du cyclone au sujet des émissions polluantes qui ont provoqué un ouragan chez Volkswagen. Un vent mauvais soufflé par un communiqué de la CGT qui a placé le constructeur français dans les turbulences financières. Mais selon le quotidien les Echos, l’avis de tempête est peut-être pour lundi 18 janvier. C’est en effet à cette date que la commission indépendante mise sur pied par Ségolène Royal pour connaître la vérité sur les moteurs diesel se réunit. Et elle auditionnera les dirigeants de Renault.

    Au vu des résultats récoltés par la même commission, il s’agira pour la marque au losange d’exciper de sa bonne foi et de battre sa coulpe. Oui, les résultats ne sont pas bons, mais c’est parce que l’on a fait de choix technologiques minimalistes. Renault a fait le pari de la technologie piège à Nox, plutôt que des solutions plus évoluées de type SCR utilisées par PSA. Il n’y a donc pas de manipulations destinées à respecter les normes tout en bloquant les systèmes sur la route. Une théorie qu’ont quasiment déjà validé les ministres Ségolène Royal et Emmanuel Macron au constat de la chute de l’action d’un constructeur qui compte dans son capital l’Etat français.

    Certes, mais il se pourrait tout de même qu’à l’issue de cette procédure, il y ait une victime expiatoire. Les premiers résultats de la commission ont ainsi montré des incohérences au niveau du SUV Captur. Si un utilitaire Euro 5 et un Espace de norme Euro 5 sont aussi dans le collimateur, le Captur, lui, suscite plus d’interrogations. Ses rejets de Nox (dioxide d’azote) sont multipliés par plus de cinq par rapport aux limites fixés par la réglementation et les tests.
    Selon le quotidien, les résultats du Captur ont été tellement surprenants sur l’ensemble des trois tests que trois modèles distincts ont été testés : deux 110 chevaux, un 90 chevaux. « Il y a apparemment un problème technique sur le modèle, ce qui pourrait bloquer le système de dépollution » indique un acteur du dossier. Renault devrait ainsi proposer une action correctrice à ce problème jugé technique, via un rappel. Réponse lundi ?

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    Re: Affaire Renault, le feuilleton pollution

    Message par Trollmann59 le Ven 22 Jan 2016 - 16:37

    Renault affirme que ses véhicules neufs, lorsqu’ils sont vendus, répondent aux normes

    Publié le 18/01/2016

    Renault a déclaré le 15 janvier que ses véhicules neufs, lorsqu’ils sont vendus, répondaient aux normes en vigueur. « Tous les véhicules neufs doivent être conformes à la norme Euro-6 », a indiqué à l’AFP (15/1/16) un porte-parole du groupe. Cette norme anti-pollution est en vigueur depuis le 1er septembre 2014 pour les nouvelles homologations de voitures, et depuis le 1er septembre 2015 pour la vente des véhicules neufs. La précédente norme, Euro-5, datait de septembre 2009.

    La ministre de l’Ecologie Ségolène Royal avait annoncé le 14 janvier qu’un « dépassement de normes » pour le CO2 et les oxydes d’azote avait été relevé chez Renault et plusieurs marques étrangères, au vu des premiers résultats de l’enquête d’une commission technique indépendante. Ces tests n’ont toutefois pas montré l’existence de logiciels fraudeurs, hormis chez Volkswagen. Cette commission a été mise en place par le gouvernement après le scandale Volkswagen, pour vérifier que les constructeurs n’avaient pas équipé leurs véhicules de logiciels équivalents à ceux du numéro un mondial.

    Renault a expliqué vendredi le dépassement des normes par deux hypothèses. C’est peut-être un vieux véhicule qui a été testé, et qui aurait donc été vendu avant l’entrée en vigueur de la norme Euro-6. Il peut également s’agir d’un véhicule qui a un problème. En effet, « si les véhicules [neufs] ne répondent pas aux normes, ça n’est pas normal », a ajouté le porte-parole de Renault, indiquant qu’un tel défaut pouvait être, par exemple, à l’origine d’une campagne de rappel.

    La première étape de l’enquête de la commission indépendante, qui portera à terme sur 100 véhicules, en concerne 22, de huit marques différentes : Renault, PSA Peugeot Citroën, Volkswagen, Mercedes, Ford, Opel, Toyota et BMW.
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    Re: Affaire Renault, le feuilleton pollution

    Message par Trollmann59 le Ven 22 Jan 2016 - 16:38

    Renault promet de présenter un « plan technique » sur les émissions des moteurs diesel

    Publié le 18/01/2016

    En marge de la présentation de ses résultats commerciaux, Renault a promis de présenter dans les prochaines semaines un « plan technique » pour réduire la différence entre les émissions de ses voitures en conditions réelles et celles des normes d’homologation, après la mise en évidence de forts écarts. « Nous travaillons sur un plan technique qui doit nous permettre de réduire les émissions » par rapport aux niveaux constatés, a déclaré le directeur commercial du groupe Renault, Thierry Koskas, assurant que ce plan serait « présenté dans les semaines qui viennent ». (AFP 18/1/16)
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    Re: Affaire Renault, le feuilleton pollution

    Message par Trollmann59 le Ven 22 Jan 2016 - 16:46

    Affaire Renault - La vérité sur le rappel des 15 800 Captur polluants annoncé par Ségolène Royal

    Publié dans ECONOMIE / POLITIQUE > AUTRE ACTU ECONOMIE / POLITIQUE
    par Cailliot Manuel Le 19 Janvier 2016 à 17h42

    On lit tout et n'importe quoi ce mardi, depuis les déclarations de Ségolène Royal de ce matin au micro de RTL. Elle a en effet annoncé que des modèles Renault (et d'autres marques) polluent plus que la norme, et que le constructeur va rappeler des voitures. Or ce n'est pas lié. Explications.

    Nous avons ce matin publié un article faisant part des déclarations de notre ministre de l'Écologie et du développement durable. Interrogée par nos confrères de RTL sur une précédente annonce, affirmant que des modèles Renault polluent plus que la norme mais sans avoir de logiciel de triche, elle précisait alors que d'autres constructeurs étaient concernés également, sans surprise. Mais surtout, et c'est là où il y a maldonne, que Renault allait rappeler "plus de 15 000 véhicules" pour corriger ce problème. Comme si c'était lié

    Or, le rappel de Renault, s'il est bien réel, n'a rien à voir avec les tests menés par la commission technique décidée par Mme Royal ! Qui a mélangé ce qui n'aurait pas dû l'être et a obligé Renault à réagir à son annonce. Cela mérite donc quelques éclaircissements.

    Contacté, le service de presse du Losange a tenu à mettre les choses au clair. Et a même livré quelques infos pour l'avenir.

    En résumé
    Oui, Renault rappelle bien 15 800 Captur 1.5 dCi 110 pour anomalie du système antipollution
    Non, ce n'est pas lié aux tests indépendants menés par l'Utac, car le souci a été découvert avant (juillet 2015). Ce rappel n'est pas une réaction aux tests de la "commission Royal".
    Oui, de nombreux modèles diesels Renault pourront être améliorés au niveau des rejets de Nox (à partir de juillet 2016), sur demande. Ici Renault souhaite agir pour réduire les écarts entre la norme et les rejets réels

    Oui, il y a bien un rappel ; non, il n'est pas lié aux résultats des tests
    Oui, Renault procède au rappel de 15 800 véhicules, pour un problème de pollution aux oxydes d'azote (Nox). Il s'agit des seuls modèles Captur (et aucun autre), équipés du moteur diesel 1.5 dCi 110 ch Euro6, et fabriqués entre février 2015 et début septembre 2015. Le souci, identifié au mois de juillet 2015 (donc bien avant le scandale Volkswagen et les tests menés par l'Utac) est un dysfonctionnement logiciel dans la gestion et la calibration du piège à Nox (Nox trap). Ce dernier, sans rentrer trop dans les détails techniques, s'emmêlait les pinceaux dans les fréquences de régénération. Les modèles sortant de chaîne depuis début septembre 2015 sont déjà mis aux normes. Et le rappel a débuté en novembre.

    Un aléa identifié donc, et pour lequel les propriétaires concernés ont reçu ou recevront un courrier les invitant à passer chez leur concessionnaire pour une mise à jour, sans frais évidemment… Et sans lien avec les tests menés récemment.

    Tous les moteurs diesels Euro6 seront améliorables chez Renault
    Nous avons pu lire également chez certains confrères que 700 000 modèles de la marque seraient mis à jour concernant la pollution. Renault a apporté par communiqué un démenti formel à ce chiffre et à cette information. Non, pour le moment, aucun modèle n'est concerné par une telle mise à niveau et la marque précise que "tous les véhicules Renault sont conformes aux normes en vigueur".

    Malgré tout, ce n'est pas non plus totalement faux… Comme déjà annoncé en décembre -ce n'est pas une nouveauté-, Renault veut "pouvoir proposer aux clients qui le souhaitent une amélioration de la performance de son système de dépollution Nox". Ce qui permettrait de rapprocher les émissions réelles de celles obtenues en labo. Aveu en creux qu'ils auraient déjà pu être plus performants…

    Le constructeur planche sur de potentielles améliorations des rejets de Nox, en effet. C'est cela qui est en lien avec les résultats de la "commission Royal". Par exemple, le fonctionnement de la vanne EGR (recirculation des gaz d'échappement) peut tout à fait être optimisé et amélioré, car ne fonctionnant pas à son plein potentiel, toujours selon le service de presse de la marque.

    Un plan d'amélioration sera donc présenté fin mars 2016, et tous les propriétaires pourront, à partir de juillet 2016, demander à ce que leur véhicule bénéficie de ces perfectionnements. Cela concerne tous les moteurs diesels répondant à la norme Euro6b (en vigueur depuis le 1er septembre 2014 pour les nouveaux types de véhicules et depuis le 1er septembre 2015 pour tous les véhicules mis en service). Renault mettra 50 millions d'euros sur la table pour pouvoir satisfaire les demandes. Cela ne coûterait donc là encore rien aux clients. Il est difficile aujourd'hui de dire combien de modèles pourraient être concernés.

    Et pour l'avenir ?
    La technologie utilisée par Renault (Nox trap) pour dépolluer ses moteurs est insuffisante pour respecter la future norme Euro6c de septembre 2017, c'est un fait manifestement acté. Le constructeur a donc prévu 1,2 milliard d'euros d'investissement pour développer une nouvelle ligne de moteurs (ou du moins de nouvelles technologies de dépollution). Mais selon nos interlocuteurs, il attend aussi que les normes soient définitivement fixées, et en particulier le coefficient multiplicateur entre les émissions en labo et les émissions en conduite réelle. On parle d'une valeur comprise entre 1,6 et 2,1. Cela voudrait dire, par exemple, que pour une norme de rejets de Nox de 80 mg/km, un véhicule pourrait rejeter en conditions réelles entre 128 et 168 mg/km. Selon la sévérité, les technologies de dépollution envisagées par Renault ne seraient pas les mêmes. "Il s'agit de ne pas trop renchérir le prix du véhicule, car le client final n'est pas toujours prêt à payer plus cher" confirme la porte-parole du constructeur.

    Une façon de voir les choses qui met toutefois aujourd'hui Renault dans l'embarras, quand PSA et d'autres, avec une technologie plus efficace de traitement des Nox, la réduction catalytique sélective (SCR) avec additif à base d'urée, ne sont pas inquiétés ni montrés du doigt.

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    Re: Affaire Renault, le feuilleton pollution

    Message par Trollmann59 le Lun 25 Jan 2016 - 8:43

    En novembre, une association allemande dénonçait les niveaux d’émissions de l’Espace. Renault a contesté les résultats de l’étude.

    Fin novembre, l’association allemande écologiste Deutsche Umwelthilfe (DUH) a publiquement pointé du doigt les niveaux d’émissions d’oxydes d’azote (Nox) du nouvel Espace de Renault, sorti au printemps. Selon huit tests menés en laboratoire par l’Université de sciences appliquées de Berne, en Suisse, le crossover dans sa version 1,6 dci affiche des niveaux d’émissions de NOx 13 à 25 fois supérieur au plafond autorisé par la norme Euro-6. L’un des tests affiche des rejets de plus de 2.000 mg/km, contre une limite de 80 mg/km prévue par la norme.

    Décalage des résultats
    « Nous n’avons pas vu des émissions à un tel niveau depuis la fin des années 1980, avec l’adoption de limites européennes d’émission » a réagi Axel Friedrich,cofondateur de l’International Council on Clean Tranportation (ICCT), qui avait révélé le scandale Volkswagen en septembre. Le constructeur allemand affichait quant à lui des rejets 40 fois supérieurs via son logiciel de manipulation des tests officiels. « Jusqu’à 25 fois dans le cas de Renault, on est presque au même niveau » juge Lorelei Limousin, du réseau Action Climat France, qui préconise que l’Espace soit testé en France par la commission mise en place par Ségolène Royal.

    Ce qui intrigue les associations écologistes est la différence de résultat entre les différents tests. D’un côté, trois d’entre eux effectués avec un démarrage à froid – comme prévu par le cycle d’homologation officiel, NEDC – délivrent des résultats conformes aux normes européennes. Les autres, conduits avec un démarrage à chaud – non prévu par NEDC –, produisent des émissions bien supérieures. « Implicitement, l’ONG sous-entend que ces décalages pourraient être le fruit d’une action pas très catholique» s’amuse un spécialiste, en référence indirecte au système de Volkswagen qui repère lorsque le véhicule est en test pour activer alors le système de dépollution.

    Fureur à Billancourt
    Des sous-entendus graves qui provoquent une certaine fureur du côté de Billancourt. Dans un communiqué, Renault indique que tous ses véhicules « respectent les réglementations en vigueur ». Le constructeur pointe aussi les méthodologies utilisées par l’association, qui introduisent des variations au cycle NEDC (démarrage à froid...). « Le cycle NEDC est certes archaïque, mais il a le mérite d’être le même pour tous les constructeurs et donc de fournir une base de comparaison fiable et nous le respectons. On ne peut pas accepter que chaque ONG élabore sa propre méthodologie pour incriminer publiquement un constructeur » juge un cadre de Renault. Le mois dernier, le DUH avait pointé Opel et son monospace Zafira, accusé de rejeter 17 fois plus de Nox.

    Sur le fond, Renault est aussi ciblé du fait de ses choix technologiques. Le constructeur a choisi d’intégrer un système de dépollution baptisé piège à Nox, réputé moins coûteux mais aussi moins efficace en termes de dépollution, notamment en cycle extra-urbain que le système concurrent baptisé SCR et adopté par PSA. Un choix difficile à tenir sur les grandes carrosseries, plus gourmandes, et qui explique pourquoi le constructeur se dote de plus petits moteurs, moins énergivores. Les ingénieurs de Renault reconnaissent d’ailleurs la difficulté : à l’occasion de la future norme européenne, Euro 6.c, qui sera mise en place en 2017, le constructeur indique d’ores et déjà qu’il passera sur des systèmes SCR pour certains modèles
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    Re: Affaire Renault, le feuilleton pollution

    Message par Trollmann59 le Lun 25 Jan 2016 - 8:50

    Rude semaine pour Renault. Après Volkswagen, la marque au losange est à son tour pointée du doigt en raison du dépassement des normes d’émissions polluantes par ses véhicules.

    Et pour cause, puisque le système de "dépollution" présent sur ses produits ne fonctionne pas sous 17°C : rien d’étonnant à ce que Paris, Lille et tant d’autres villes vivent au rythme des pics de pollution !

    Mais que Carlos Ghosn, le PDG du géant français, se rassure : d’autres constructeurs étrangers seraient aussi dans le viseur des tests aléatoires commandés par Ségolène Royal ...

    La France joue un double jeu dangereux
    Le double jeu de la France depuis l’éclatement du "dieselgate" ne peut plus durer. En effet, ces derniers mois, pendant que François Hollande déclarait que l’industrie automobile "qu’il dirige" est exemplaire, le gouvernement de Manuel Valls, de concert avec ses homologues allemand, italien, suédois, espagnol, slovaque et tchèque, faisait des pieds et des mains pour alléger les normes anti-pollution fixées par l’Union européenne.

    En gros, chaque pays doté d’une industrie automobile conséquente bataillait pour que soit accordé à chacun de leur champion national un permis de polluer. Le tout, au mépris du droit en vigueur, et, suprême détail de l’histoire, de la santé des Européennes et Européens.

    Avec les révélations sur Renault cette fois, bas les masques ! L’Etat ne peut plus prétendre défendre la veuve et l’orphelin, et se met donc en formation tortue pour défendre les bijoux de famille.

    Les voitures Renault dépassent de quatre à cinq fois les normes d’émissions de CO2 et d’oxyde d’azote, soit plus encore que les Volkswagen ? La ministre de l’écologie Ségolène Royal contre-attaque en affirmant qu'à l'inverse de Volkswagen, Renault n’a pas fait usage de logiciel truqueur pour frauder les tests d’homologation !

    Pire, le soldat Macron, pourtant grand défenseur des entrepreneurs face au carcan de l’économie colbertiste, paraît ne pas hésiter lorsqu'il s'agit de se mettre au service des pires rentiers du système, arrosés depuis des lustres par les subventions piochées par milliards dans les poches du contribuable français. Le ministre de l'Economie semble dire : il faut faire confiance à Renault, et continuer à acheter la marque au losange. Circulez, y’a rien à voir !

    Les Etats se comportent en rapaces
    Ce scandale montre combien les Etats se comportent en rapaces sur le terrain de la guerre économique, au mépris des règles et des lois qu’ils édictent, et des citoyens qu’ils dirigent.

    L’Allemagne avec Volkswagen, l’Espagne avec Seat, l’Italie avec Fiat, ou la Suède avec Volvo, tous sont prisonniers de la compétition acharnée que se mènent leurs champions nationaux. L’exemple est encore plus criant pour la France, habituée à voir l’Etat gérer l’économie avec ses grands groupes industriels, au détriment des petits et des citoyens en général.

    Actionnaire de Renault à hauteur de 20%, l’Etat nous montre son vrai visage, prêt à tout pour maintenir sa position industrielle, au mépris de la santé des citoyens, au mépris de l’avenir des salariés, et au détriment des économies de consommateurs qui croyaient payer moins cher et polluer moins au passage, vieille promesse du diesel.

    L'Europe, la seule à pouvoir nous sauver
    Ironie du sort, c’est au moment où l’Europe est au plus mal qu’elle se révèle plus nécessaire que jamais. Car face à la force d’inertie des Etats, seule une réponse européenne peut permettre de mettre fin au scandale économique, écologique et tout simplement démocratique qui se trame sur la question du diesel.

    Le vote du Parlement européen pour confirmer ou non la décision d’alléger les normes anti-pollution, début février, revêt par conséquent une importance cruciale. De même, cette institution trop souvent ignorée vient de lancer une commission d’enquête parlementaire, afin de faire toute la lumière sur les responsabilités dans l’affaire Volkswagen.

    Qui eut cru qu’en 2016 "Europe" et "écologie" feraient si bon ménage ?

    Alors qu’elle est en danger de mort, c’est pourtant bien au niveau de l’Europe que se joue sans doute l’avenir de notre combat contre la pollution de l’air, et l’avenir du diesel au passage. Car au-delà du "dieselgate", c’est la pertinence du tout-diesel qui est posée: si Volkswagen et, désormais, Renault viennent de tuer toute perspective d’exportation mondiale du diesel, quid de son avenir en Europe ?

    Il faudra bien enclencher la reconversion vers d’autres modèles plus propres, comme le font déjà Américains et Japonais. Ou bien attendre d’être dos au mur, comme pour le charbon il y a 30 ans.

    Source: http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1472176-renault-et-son-diesel-malhonnete-la-france-joue-un-double-jeu-l-europe-doit-reagir.html
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    Re: Affaire Renault, le feuilleton pollution

    Message par Trollmann59 le Lun 25 Jan 2016 - 23:07

    Carlos Ghosn confirme que les Renault sont aux normes et ne trichent pas

    Publié dans Ecologie / Electrique > Autre actu écologie
    par Audric Doche Le 22 Janvier 2016 à 14h42


    L'affaire Volkswagen a provoqué quelques remous politiques qui ont mené à diverses enquêtes indépendantes. L'une d'elle a trouvé que certaines Renault dépassaient un peu trop la valeur théorique d'émissions d'oxydes d'azote. Carlos Ghosn s'est enfin exprimé sur le sujet et enterre tout malentendu : non, Renault n'est pas à incriminer au même titre que Volkswagen.

    Renault est un peu dans la tourmente depuis quelques jours, et il faut dire que l'on fut en mesure de lire un peu tout et n'importe quoi au sujet du losange qui s'est immédiatement défendu. Pour rappel, la commission mise en place par Ségolène Royal a noté de (trop) gros écarts en conditions réelles sur certains véhicules Renault. Le constructeur a immédiatement réagi en annonçant qu'il n'y avait pas de logiciel de triche et que des efforts étaient déjà prévus pour traiter les fameux NOX, ou oxydes d'azote.

    Carlos Ghosn, patron de l'alliance Renaut-Nissan, est revenu sur le sujet en marge du forum économique mondial de Davos : « Il y a beaucoup de confusion sur les émissions, rappelons quelques notions fondamentales : la première question est de savoir s’il y a tricherie, s’il y a un appareil permettant au constructeur de dissimuler les performances réelles. Dans le cas de Renault, la réponse est non. Ce n’est pas seulement Renault qui le dit, c’est le gouvernement français qui dit qu’il n’y a pas d’appareil de tricherie. Il ne faut donc pas mettre toutes les sociétés dans le même sac. La seconde question est de savoir si les voitures sont aux normes. Les normes sont établies, officielles, les voitures sont homologuées par rapport à ces normes et la réponse est que toutes les voitures Renault sont homologuées et sont aux normes. Le débat concerne un domaine qui n’est pas normé et pose la question des performances en dehors des normes. Et comme les normes sont là inexistantes, c’est très difficile de dire ce qui convient ou pas. Êtes-vous inquiet que cela pourrait devenir un scandale encore plus important ? Voilà où nous en sommes ».

    Nous notons bien ici que Carlos Ghosn insiste sur le fait que les tests en conditions réelles, quels qu'ils soient, sont discutables puisqu'ils ne sont pas vraiment régis par des normes spécifiques, ce qui entraîne des résultats tout aussi discutables. Cela ne veut pas forcément dire que Renault n'a pas de retard sur la concurrence pour le traitement des NOX, mais plutôt que les autos au losange répondent bien aux normes actuelles (absurdes, ou pas, le débat est tout autre), même si des efforts restent à faire pour réduire ces émissions d'oxydes d'azote.

    Source : http://www.caradisiac.com/Carlos-Ghosn-confirme-que-les-Renault-sont-aux-normes-et-ne-trichent-pas-106408.htm

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    Re: Affaire Renault, le feuilleton pollution

    Message par Trollmann59 le Lun 25 Jan 2016 - 23:13

    Pollution des diesels Renault : le low cost en accusation

    Publié dans Economie / Politique > Autre actu économie / politique
    par Jean Savary Le 25 Janvier 2016 à 16h00


    http://www.caradisiac.com/Pollution-des-diesels-Renault-le-low-cost-en-accusation-106448.htm

    Il y a deux façons de mal dépolluer un diesel. La première consiste à truquer le moteur pour qu'il détecte le test et le réussisse. La seconde consiste à adopter une technologie bas de gamme qui ne fonctionne que dans les conditions thermiques du test. La première, celle de Volkswagen est illégale, la deuxième, celle de Renault, est légale.

    Reprenons le feuilleton déjà mis en lumière par Manuel Cailliot dans son article Affaire Renault - La vérité sur le rappel des 15 800 Captur polluants annoncé par Ségolène Royal.

    En septembre, dans l'émoi de l'affaire Volkswagen, le gouvernement demande à l'UTAC de réaliser des tests sur une centaine de modèles afin de vérifier qu'ils respectent bien leurs normes d'homologation et qu'aucun logiciel de gestion moteur n'est truqué comme ceux des TDI allemands. Et enfin, des essais sur circuit en conditions réelles de circulation, avec un appareillage de mesure arrimé sur le train arrière pour voir à quel point la pollution dans la rue diffère de celle mesurée sur banc à rouleau. Si les tests sur banc ne détectent pas d'autre triche que celle de Volkswagen, ça se corse sur circuit : les diesels Renault rejettent cinq fois, et parfois jusqu'à 25 fois plus de Nox que ne l'autorise la réglementation. Dans les mêmes conditions, les diesels de PSA s'écartent peu de la norme. Au bilan, les Renault ne sont pas les seules à "exploser" les émissions de Nox, mais elles sont parmi les pires. A l'opposé des modèles PSA qui sont parmi les plus propres.

    Pas de triche, juste du low cost et des mensonges
    Voici deux marques rivales, confrontées au même challenge technique de la norme Euro 6, à la même période, dans le même pays avec le même environnement économique. Au bilan, l'une produit des diesels sales, l’autre des diesels (presque) propres. Que s'est-il passé ? Il s'est passé que les deux entreprises ont opté pour deux technologies très différentes.

    PSA, comme Mercedes et BMW, a choisi dès 2013 la technologie de réduction catalytique sélective (SCR) qui consiste à réduire les Nox par injection d'urée. Un système très efficace - d'autant que PSA le place en amont de son FAP additivé - et plus fiable car il permet de se passer de vanne EGR, mais plus coûteux.

    Comme l'expliquait Alexandre Bataille dans son article Normes antipollution : pourquoi Renault les dépasse et pas PSA, chez Renault, mais aussi Volvo, Opel ou Ford, on a opté pour le NOx Trap (LNT) qui consiste à stocker les oxydes d'azote dans un catalyseur spécial puis à les dégrader en inoffensif azote par une réaction chimique provoquée par un enrichissement en gazole du mélange. Un système bien moins efficace et surtout bien moins fiable car il repose sur le bon fonctionnement de deux fragiles vannes EGR. Mais aussi bien moins cher.

    Un système de dépollution conçu pour fonctionner entre... 17 et 35 °C
    Renault peut bien protester que ces tests sur circuit n'ont aucune valeur légale, ils démontrent tout de même une chose : qu'il se tamponne le coquillard de nos bronches et poumons, qu'il n'a respecté que la lettre de la réglementation -répondre aux normes- et pas du tout son esprit : nous permettre de respirer un air plus pur. En fait, il n'a pas triché au sens volkswagenien du terme, seulement éhontément menti durant des années avec son label Eco2, ses publicités à petites fleurs et son baratin environnemental.

    L'ampleur du cynisme dont fait preuve le constructeur se mesure dans ses justifications techniques.

    Pressé de commenter les exécrables résultats de ces tests en conduite réelle lors d'une conférence de presse mardi dernier, Renault a expliqué que les vannes EGR dont dépend son catalyseur fonctionnent correctement à une température comprise entre 17 et 35 °C. Dingue, non ? Pas du tout : "La norme d’homologation nous impose de fournir un dispositif antipollution efficace entre 20 et 30 °C, ce que nous respectons". Voici donc un dispositif antipollution efficace de mai à octobre, sauf canicule.

    Renault s'est justifié en expliquant qu'en dehors de ces températures, une vraie dépollution exposait à un risque de casse moteur "comme cela s’est produit sur nos modèles par le passé". Vous noterez l'aveu.

    Mais la vraie raison a été donnée ensuite : "Il s'agit de ne pas trop renchérir le prix du véhicule, car le client final n'est pas toujours prêt à payer plus cher. "

    Vous savez enfin pourquoi les Renault sont si incroyablement bon marché...

    La peur et la soumission chez Volkswagen, le cost-killing chez Renault
    Ces voitures pas chères, vous les devez à un homme dont réduire les coûts est le premier métier.

    Carlos Ghosn, le double patron de Renault et de Nissan, est un cost killer (soit « coupeur de coûts »), c'était son poste chez Renault quand il y est entré en 1996 "chargé de la recherche, du développement, de l'ingénierie, des opérations du secteur des groupes motopropulseurs, de la production et des achats" rappelle sa biographie. C'est lui qui a "costkilllé" le développement des Laguna 2 et Vel Satis, les Renault les plus vérolées depuis la Frégate, pour cause de mise au point écourtée et de composants au rabais.

    Son spectaculaire redressement de Nissan fera oublier cette broutille et aujourd'hui, Carlos Ghosn est intouchable comme en témoignent les infinies précautions avec lesquelles gouvernement et médias traitent les déjections de Nox des voitures au losange. On a connu Ségolène Royal plus pugnace. C'est qu'après tout, il n'y a rien d'illégal...

    Comme on ne vend pas de diesels aux Américains, tout cela restera entre nous et Renault va organiser un petit rappel. Un rappel volontaire bien sûr, on ne forcera pas les gens à rendre leur moteur plus gourmand et/ou plus fragile.

    La morale de cette histoire ? Il faut la chercher dans la comparaison avec l'affaire Volkswagen. On ne pourra jamais prouver que Martin Winterkorn, le pdg démissionné de Volkswagen, savait que ses ingénieurs avaient truqué des logiciels de dépollution. On sait seulement que cette tricherie est la conséquence de la pression sur les résultats économiques et du climat de peur et de soumission qu'il faisait régner dans l'entreprise.

    En revanche, qui doute que Carlos Ghosn ait eu son mot à dire sur un arbitrage aussi stratégique - et financier - que le choix d'une technologie de dépollution ?

    Pas moi.

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    Re: Affaire Renault, le feuilleton pollution

    Message par amzer zo 44 le Mar 26 Jan 2016 - 10:39

    Bonjour Trollmann

    Merci pour tous ces commentaires qui nous éclairent un peu plus sur les normes anti pollution.

    Je comprends pourquoi ma 2008 blue HDI de 100ch est passée de 254 à 230 de couple et de 950 à 630 kg remorquables. (différence entre norme Euro 5 et norme Euro 6 pour un même moteur)

    La norme Euro 6 mange de la puissance mais aussi des particules des nox pour notre santé à tous.

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    Re: Affaire Renault, le feuilleton pollution

    Message par Trollmann59 le Mer 27 Jan 2016 - 10:02

    "Après l’affaire des émissions polluantes, l’action Renault a retrouvé tout son attrait"

    Mis à jour le 26/01/16 à 11:26

    Directeur général adjoint associé de Talence Gestion, Alain Pitous revient sur les récentes révélations liées aux émissions polluantes des véhicules Renault. Selon lui, la chute du cours de Bourse a rendu la valeur à nouveau attractive, avec un fort potentiel d’appréciation à la clé.

    Capital.fr : Le titre Renault (RNO-80,71 € -0,28 %)  a particulièrement souffert depuis les premières annonces sur les perquisitions réalisées chez le constructeur. Les griefs qui lui sont reprochés semblent pourtant bien moins graves, comparés à ceux du scandale Volkswagen…

    Alain Pitous :
    Chez le constructeur allemand, il y a eu une tentative délibérée de truquer les tests. Le cas Renault est bien différent. Le constructeur n’a fait qu’optimiser ses tests, une pratique partagée par tous ses concurrents. Un test réalisé en laboratoire, dans des conditions relativement favorables à un constructeur, n’a rien à voir avec un test réalisé en conditions réelles, sur route.

    Capital.fr :
    Comment expliquer une telle sanction boursière, dans ce cas ?

    Alain Pitous :
    L’annonce sur les perquisitions est intervenue dans un contexte de marché difficile. Ainsi, certains intervenants n’ont pas hésité à en profiter pour enfoncer l’action, en provoquant des ventes forcées. Pour autant, en diffusant un communiqué seulement 2h30 après le tract syndical dénonçant les perquisitions, Renault a fait preuve d’une grande réactivité pour un groupe d’une telle envergure. En soi, c’est très rassurant pour l’investisseur. D’autant que le contenu du communiqué traduisait une grande sérénité de la direction, bien loin de la réaction tardive et gênée de Volkswagen en septembre dernier.


    Capital.fr :
    Avez-vous profité du plongeon des cours pour acheter l’action Renault ?

    Alain Pitous :
    Sous 70 euros, nous avons ramassé des titres à bon compte. Il faut clairement acheter aux alentours de ce niveau. Au cours actuel, c’est-à-dire sous 80 euros, nous restons néanmoins très positifs sur l’action, qui bénéficie d’un potentiel d’appréciation de près de 45%, notre objectif étant de 110-115 euros environ. Seul bémol, la cession à venir des 4,7% du capital acquis par l’Etat au printemps dernier pourrait ponctuellement peser sur le titre, sans remettre en cause sa valeur fondamentale.

    Capital.fr :
    Faut-il redouter un nouveau cadavre dans le placard de Renault ?

    Alain Pitous :
    Renault a clairement affirmé qu’il n’avait pas associé de programme truqueur à ses moteurs. Une nouvelle révélation fracassante impliquerait donc un mensonge délibéré, rendant nécessaire le départ de certaines personnes…

    Capital.fr :
    Pour autant, Renault a reconnu que ses moteurs polluaient, en moyenne, plus que ceux de ses concurrents.

    Alain Pitous :
    En effet, mais ce n’est pas vraiment un scoop. En particulier, les intervenants savaient déjà qu’un ou deux moteurs récents étaient relativement plus polluants. Or, Renault s’est engagé à travailler à réduire les volumes d’émissions. Là où le groupe avait tablé sur un investissement correspondant de 50 millions d’euros, il devra peut-être porter l’enveloppe à 150 millions d’euros. Et en parallèle, il devra procéder au rappel de 15.000 véhicules. Des surcoûts somme toute marginaux, vu l’envergure du constructeur.

    Capital.fr :
    Dans quelle mesure les révélations sur les émissions polluantes excessives de Renault vont-elles affecter ses ventes, ses parts de marché et sa rentabilité ?

    Alain Pitous :
    Elles ne devraient pas avoir d’impact. Les consommateurs sont davantage intéressés par l’image associée à un modèle ou une marque, qu’au niveau de pollution du véhicule. Même pour Volkswagen, le Dieselgate n’a pas eu d’impact franc sur ses ventes…

    Capital.fr :
    Quels sont les atouts de Renault, outre sa valorisation abordable ?

    Alain Pitous :
    Il est très exposé au marché européen, qui a à nouveau le vent en poupe, et profite d’un partenariat fructueux avec le japonais Nissan.  Les synergies entre les deux constructeurs montent en puissance, et l’objectif d’économies pour 2016 vient d’être porté de 3,8 à 4,3 milliards d’euros.  L’alliance dispose de fortes positions sur d’importants marchés émergents, qui sont certes actuellement chahutés, mais devraient constituer des paris gagnants à horizon 2020. Enfin, le groupe bénéficie d’un bilan sain et d’une gamme de produits renouvelée.

    Propos recueillis par Nicolas Gallant

    Source: http://www.capital.fr/bourse/interviews/apres-l-affaire-sur-les-emissions-polluantes-l-action-renault-a-retrouve-tout-son-attrait-1098769#hWGWi4UtRoHWbMRg.99
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    Re: Affaire Renault, le feuilleton pollution

    Message par Trollmann59 le Mer 27 Jan 2016 - 23:00

    "Avec le rappel des Captur, Renault essaie d'éteindre le feu", selon Pierre Chasserey
    Par Astrid Gouzik - Publié le 21 janvier 2016, à 14h24

    Depuis la réunion de la commission Royal, jeudi 14 janvier, le doute plane sur les émissions polluantes de plusieurs véhicules diesel de Renault. La ministre de l'Ecologie a annoncé un "dépassement des normes" de CO2 et d'oxyde d'azote chez le constructeur automobile. Au même moment, le groupe français confirmait des perquisitions de la DGCCRF dans ses locaux. Depuis, Renault tente de rassurer les investisseurs. L'Usine Nouvelle fait le point avec Pierre Chasserey, membre de la commission Royal et délégué général de l'association 40 millions d'automobilistes.

    L'Usine Nouvelle - Vous êtes membre de la commission Royal, chargée de réaliser des tests sur des véhicules représentatifs du parc automobile français. La commission a mis en avant des "dépassements" de seuil de pollution sur plusieurs véhicules Renault. Que se passe-t-il exactement chez le constructeur ?

    Pierre Chasserey - Cette commission a été mise en place suite à l'affaire Volkswagen. Sa seule mission était de déterminer s'il y avait oui ou non des logiciels de fraude installés sur des véhicules roulant en France. Point. En procédant aux tests, on s'est rendu compte que certains véhicules dépassaient les normes pour le CO2 et l'oxyde d'azote (les tests sont réalisés en condition réelle de conduite alors que les normes d'homologation s'appuient sur des mesures faites en laboratoire, NDLR). Et sous la pression du lobby écologiste, on ne parle plus que de ça ! L'ampleur que prend l'histoire de Renault dépasse la ministre.

    Qu'ont dit les dirigeants de Renault lorsqu'ils ont rencontré les membres de la commission ?
    Thierry Bolloré, le directeur délégué du groupe, nous a expliqué qu'ils utilisent un système de dépollution qui leur permet de passer les tests d'homologation. Et c'est le cas. Il faut tout de même préciser que lorsque le Captur et l'Espace ont été testés par l'Utac, il faisait entre 3 et 7 dégrés (il faut environ 25 degrés lors des tests en laboratoire, NDLR). L'écart entre les mesures effectuées est donc d'autant plus important.

    Renault nous a aussi assuré qu'ils n'avaient pas la volonté de tricher. Aucun logiciel de fraude n'a d'ailleurs été détecté.

    Quelques jours après les résultats des premiers tests, le constructeur a confirmé le rappel de 15 800 Captur. Est-ce lié ?

    Renault essaie simplement d'éteindre le feu. Il siffle la fin de la récréation. Son système de dépollution fonctionne, suffisamment en tout cas pour que ses véhicules respectent les normes d'homologation.

    La vérité, c'est que la qualité de l'air s'est améliorée d'année en année depuis 1990. Ce n'est pas moi qui le dit mais un rapport du ministère de l'Ecologie. On est dans une dynamique de progrès, personne n'ira inventer un moteur qui pollue plus pour le plaisir !

    La marque au losange va proposer aux automobilistes d'améliorer le système de dépollution de leur véhicule, le dispositif EGR (Exhaust Gaz Recirculation). Une mesure efficace ?

    Mais personne ne rapportera un véhicule qui fonctionne correctement, juste pour qu'il pollue moins ! Les automobilistes sont déjà en retard pour les contrôles techniques, ils ne perdront pas de temps avec ça. D'ailleurs, ils s'en tamponnent des émissions de NOx. Ce n'est pas ce qu'ils regardent quand ils choisissent leur voiture. Tout ça, c'est du langage politiquement correct.
    Propos recueillis par Astrid Gouzik

    Source : http://www.usinenouvelle.com/article/avec-le-rappel-des-captur-renault-essaie-d-eteindre-le-feu-selon-pierre-chasserey.N374900
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    Re: Affaire Renault, le feuilleton pollution

    Message par Trollmann59 le Mer 27 Jan 2016 - 23:05

    [VRAI OU FAUX] Renault cache quoi sous son capot ?
    Par Astrid Gouzik - Publié le 20 janvier 2016, à 17h19

    Depuis la révélation d'une perquisition de la DGCCRF dans les locaux du constructeur français, et l'annonce, le même jour, des premiers résultats des tests de la commission Royal, Renault est en ébullition. La ministre de l'Ecologie a eu beau clamer sa confiance en ce "grand industriel français", il n'en reste pas moins que les tests ont révélé un "dépassement de normes" pour le CO2 et les oxydes d'azote. Quelques jours plus tard, la marque au losange confirme procéder au rappel de plus de 15 000 véhicules. Mais que se passe-t-il exactement sous le capot de Renault ? Explications en 5 points.

    AUCUN LOGICIEL DE FRAUDE N'A ETE DETECTE SUR LES VEHICULES DE RENAULT
    VRAI. La commission mise en place par Ségolène Royal après le scandale Volkswagen a achevé une première phase de tests. 22 modèles de huit constructeurs ont été testés. Parmi eux, quatre véhicules du français Renault. Si la commission a permis d'attester qu'aucun logiciel de fraude n'avait été détecté, elle a toutefois mis en avant un dépassement des normes pour le CO2 et les oxydes d'azote. Seraient notamment concernés le Captur et l'Espace 5.

    CES VEHICULES, TESTES DANS LE CADRE DE LA COMMISSION ROYAL, NE SONT DONC PAS CONFORMES AUX NORMES EN VIGUEUR
    FAUX. La ministre de l'Ecologie évoque un "dépassement" mais qui ne correspond en fait à aucun seuil fixé par une quelconque norme. Ces mesures ont été effectués en conditions réelles de conduite, or les normes en vigueur se fondent sur des mesures faites en laboratoire.
    Pour le moment, même si les mesures effectuées par l'Utac sont supérieures à celles effectuées en laboratoire pour l'homologation, il n'y a rien d'illégal. En revanche, en septembre 2017, les constructeurs et les équipementiers automobiles devront être à même de passer le cap de la norme euros 6c et de ses tests d’homologation en conditions réelles de conduite.

    LE SYSTEME EGR EST L'UNE DES CAUSES DU DEPASSEMENT DES SEUILS DE POLLUTION
    VRAI. Plusieurs de nos confrères, dont le quotidien Libération, rapportent que Thierry Bolloré, directeur délégué à la compétitivité de Renault, et Gaspar Gascon Abellan, directeur de l’ingénierie, ont rencontré les membres de la commission pour leur fournir des explications sur les dépassements de seuil de pollution constatés lors des tests. Ils ont notamment abordé la question du dispositif EGR (Exhaust Gaz Recirculation) installé sur les véhicules diesel de la marque.
    Avec ce système, une partie des gaz d’échappement du moteur est réinjectée dans le collecteur d’admission. Comme ces gaz contiennent moins d’oxygène, la production d’oxyde d’azote est réduite. "Ce système fonctionne bien à basse charge, en ville par exemple, mais à pleine charge, son effet est contraire", expliquait un ingénieur motoriste, interrogé par L'Usine Nouvelle en octobre dernier. A haute température, par exemple lors d’un long trajet, l’EGR produit des particules. Malgré un coût très compétitif, plébiscité par les constructeurs généralistes, son effet devient donc négatif.

    RENAULT VA PROPOSER A SES CLIENTS UNE AMELIORATION DES SYSTEMES DE DEPOLLUTION
    VRAI. Selon les deux représentants de Renault, leur EGR a été réglé pour fonctionner quand la température de l’air se situe entre 17° C et 35° C. "Notre EGR fonctionne mais pas de manière optimale", reconnaît-on chez Renault. Mais le constructeur a d'ores et déjà assuré ses arrières.
    Depuis juillet, le groupe travaille sur des systèmes améliorés. Ils vont donc ajouter des vannes EGR à celles existantes afin de couvrir un spectre d'utilisation du moteur plus large. "Nous avons décidé d'accélérer significativement notre calendrier d'ingénierie, pour installer ces systèmes dans nos véhicules à partir de juillet 2016. Ils permettront d'augmenter la plage d'utilisation de ces systèmes, de façon à limiter davantage les émissions. Ce programme nécessite un budget de 50 millions d'euros", affirmait Thierry Bolloré dans les colonnes du Figaro en décembre dernier.
    Ainsi Renault proposera aux automobilistes d'améliorer le système de dépollution de leur véhicule. 700 000 véhicules seraient concernés par ce plan d'amélioration. Mais il ne s'agit pas d'un rappel dans la mesure où cela ne fait pas suite à un dysfonctionnement.
    Les clients saisiront-ils la perche tendue par la marque au losange ? Rien n'est moins sûr quand on explique aux consommateurs que le fait d'élargir la plage d'optimisation de l'EGR pourrait nuire aux performances du moteur…

    CELA A ENTRAINE UN RAPPEL DE 15 800 CAPTUR
    VRAI et FAUX. Mardi 18 janvier, Renault a confirmé le rappel de 15 800 véhicules. Il s'agit du Captur, son crossover star, l'une des voitures les plus vendues en 2015. Sont concernés les diesel 110 chevaux produits en Europe entre février et septembre 2015.
    Selon le constructeur, le rappel des Captur n'est pas lié au problème de l'EGR. Renault a identifié sur ces véhicules une anomalie de calibration du Nox Trap (le piège à NOx). Cette technique de dépollution intervient dans un second temps, après le dispositif EGR. "Cette anomalie va être rapidement corrigée mais n'a absolument rien à voir avec les problèmes soulevés par l'EGR", nous assure-t-on chez Renault, contacté ce mercredi 20 janvier.
    Toutefois, ce rappel tombe bien, quelques jours à peine après les premières conclusions de la commission Royal. Renault certifie pouvoir corriger une anomalie sur l'un des systèmes de dépollution installé sur quelques véhicules. L'astuce sera-t-elle suffisante pour calmer les inquiétudes des automobilistes sur les performances de l'un des best-seller de la marque et pour convaincre le gouvernement qu'il a la situation bien en main ?

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